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Hélène HAVLIK - Une artiste résolument moderne

Démarche artistique

«L’art moderne est avant tout pour moi, un état d’esprit, un paradigme qui repose sur l’intériorité, la corporalité de l’artiste et l’universalité de son propos. La nature morte, le modèle vivant et le paysage sont l’essentiel de mon travail. Ils me permettent de donner un cadre à mon esprit et ma pratique iconoclaste des règles de l’art tout en intégrant des signes et objets relatifs à notre époque contemporaine. Je signifie ainsi le respect pour mes pairs classiques qui donnent le « la » de notre métier, tels les premiers violons en début de concert. Si ce respect est une condition de ma pratique, mon plus grand plaisir réside cependant dans le détournement de ces règles. À la manière d’un musicien de jazz qui improviserait sur une phrase musicale, je joue avec les règles de l’art.

Cela suscite chez moi une soif d’instruction inépuisable car plus j’apprends les règles et me perfectionne dans leurs usages, plus le terrain de jeu grandit et nourrit la joie qui m’anime. Je m’inscris ainsi dans la lignée de mes pères (pairs) expressionnistes où le traitement d’harmonie subjective complexe des couleurs, le rythme porté par leur contraste plus ou moins élevés entre tons purs et rompus, leur agencement plus ou moins anguleux ou ronds composent une géométrie des formes initiés par ce mouvement il y a un siècle.

La préparation de la peinture est également un versant élémentaire dans ma démarche artistique car il est au commencement de tout. Il est le premier geste artisan de l’artiste. Matérialité opérative de sa spiritualité, ce sont des instants privilégiés où la pensée à l’instar de la légèreté du pigment s’amalgame pour former une matière plus danse, tout en conservant une certaine fluidité. La série est également un procédé nécessaire à mon travail. Elle permet d'aller au bout du geste et du sujet, jusqu'à l'épuisement pour ne retenir que l’essentiel. Elle est également conditionnée par un format dédié qui inscrit cette fois une contrainte physique à mon travail. Au delà du cadre thématique, la frontière matérielle du format pose les limites de la composition. Pour les carnets de voyages Impression d’Europe et Trois mois de silence - Russie Chine, j’ai par exemple choisi le format cloche (30x40cm) qui suggère au premier coup d’oeil le rapport des dimensions d’une carte postale. Sur la toile, je présente le plus souvent les paysages avec le nouveau format carré (70x70cm et 100x100cm) qui n’est pas sans rappeler le rapport de dimension utilisé par le réseau social Instagram. Le format prépare ainsi le regardant à l’inconnu en usant de repère et de cadre rassurant. Une forme de préliminaire pour accompagner l’observateur dans la découverte de ma vision, parfois insensée d’un objet, un sujet ou un paysage.

Biographie

Mon parcours est sinueux comme un sentier de montagne. Après un bac scientifique, je quittais ma Provence natale pour la capitale où je suivais des études à l’université de Paris VIII jusqu’à l’obtention du diplôme de Master II d’Art option Arts du spectacle. Ma première vie artistique fut tout entière tournée vers le spectacle vivant et les courts métrages où j’ai appris à faire avec beaucoup mais également avec trois fois rien. J’ai ainsi connu de très grandes scènes et de magnifiques coulisses comme celles du Théâtre des Bouffes du Nord, de la Bastille, du Conservatoire Nationale d’art dramatique, de la Cartoucherie mais également celles de lieux plus confidentiels et néanmoins à la pointe de l’innovation artistique : Samovar, Gare au Théâtre, Échangeur, Main d’œuvre, la Grange aux Belles… Malheureusement, la mort s’est invitée à la table de cette vie et m’a poussée à retourner dans les bras chaleureux du cocon familial. Après quelques égarements scientifiques notamment une première année de médecine qui m’a fait réviser les leçons d’anatomie, je renouais finalement avec mon rêve de gosse, celui que je n’avais jamais osé réaliser : être artiste peintre. Depuis la plus petite enfance, la peinture m’accompagne. Avec ma grand-mère artiste d’abord qui m’enseigna la nature morte et le portrait entre les leçons de piano et de danse classiques du mercredi. À l’adolescence ensuite, l’atelier de Jacques Sauze, voisin de mon autre grand-mère, fut un repère essentiel dans la formation de mon regard, dans l’usage du couteau et de la peinture à l’huile.

Les arts plastiques et le sport furent les seules disciplines dans lesquelles j’ai toujours excellé à l’école. Mais pour une raison que je ne m’explique toujours pas, j’obtenais au baccalauréat 9/20 en arts plastiques (et 20/20 en sport). Cette note éliminatoire à l’époque m’empêcha d’entrer aux Beaux Arts. Or, avec les années, je pense à présent que c’est la meilleure chose qui me soit arrivée car j’ai trouvé à l’université de Paris VIII tout ce que je n’aurais jamais trouvé ailleurs. Loin des beaux quartiers où j’ai grandi, au cœur d’une vie dont j’ignorais tout, j’ai ouvert les yeux sur un autre monde, appris à réfléchir en connaissance de cause et développer une polyvalence dans la pratique des arts. En effet, l’enseignement délivré par l’UFR Art de l’université Paris VIII était alors unique dans le système d’enseignement public français. Né de la révolution culturelle de mai 68, il proposait encore à mon époque une méthode pédagogique artistique expérimentale dont je suis le pur produit. Ce système éducatif se concentrait aussi bien sur la pratique que la théorie et proposait à l’étudiant dans les premières années de licence de composer lui-même son enseignement selon ces deux axes. Grâce à cela, j’ai pu apprendre l’histoire, la philosophie des arts, l’esthétique, les lois de la perspective, l’analyse filmique et la dramaturgie. J’ai été également initiée entre 98 et 2001, aux outils informatiques des premières versions de Photoshop, 3DMax, Final Cut Pro qui préfiguraient l’avènement de ce domaine dans les arts. Sous l’égide de l’académie Fratellini, j’ai aussi appris des cascades de clown. Sous la direction de grands noms du théâtre contemporain tels que Michèle Kokosovski, Stanislav Nordey, Claude Buchvald ou d’auteurs vivants tels que Valère Novarina et Armand Gatti, j'ai appris à articuler un texte, jouer la comédie et mettre en scène. Au-delà de l’enseignement fantastique que j’ai reçu, l’UFR Arts de l’Université Paris VIII, alors laboratoire artistique reconnu internationalement, m’a permis de rencontrer des étudiants des quatre coins du monde : Corée, Japon, Iran, Arménie, Congo, Mali, Burkina, Chine, New York, Maroc, Liban, Allemagne, Royaume-Uni, Russie, Tunisie, Egypte, Colombie, Sénégal, Brésil, Argentine… Autant dire, un trésor de couleurs, de formes, de philosophies et d’esthétiques qui font battre aujourd’hui le cœur cette autre vie artistique.

P.S : Ce parcours n'a rien de triste, je dirais même plus, il m'a appris la joie de vivre! MERCI

Expositions personnelles

Durant ces 8 années de professionalisation, j'ai accroché quatre expositions personnelles. La première fut donnée à l’occasion de Marseille Provence capitale de la culture en Europe (2013). Elle rassemblait plus de 200 aquarelles-encres sur chacun de mes voyages dans les 27 capitales de l’Union et a fait l’objet d’un livre éponyme. La deuxième « Trois mois de silence Russie-Chine » (2015) concernait ma longue traversée Sino-russe. Elle rassemblait une trentaine d’aquarelles et encres sur papier, une cinquantaine de photographies noir et blanc, une dizaine d’huiles sur toile et également un récit de 200 pages. Après avoir trouvé l’inspiration à l’autre bout du monde, j’ai souhaité recentrer mon art sur un sujet plus “provençal“, tout en gardant la dimension universelle du voyage. Les Tarots de Marseille (2016) m’ont alors paru un sujet idéal pour réaliser ce grand écart. Enfin en 2017, pour marquer les premiers pas de mon retour dans la vie artistique parisienne, je proposais une exposition présentant les œuvres invendus des précédentes expositions enrichies de nature morte et de modèle vivant qui sont devenus le cœur de mon activité avec les commandes de paysages.

Organisation d'exposition

Depuis 2010, j'ai organisé une dizaine d’expositions dédiées à l’art et la photographie avec plus de 100 artistes au total pour l’association H2Arts que ma maman, Muriel Havlik, a fondé en 2005. Mais ce n’est qu’en 2010 que j’ai réellement pris part à l’organisation des expositions qu’H2Arts proposait au public cassiden en lui apportant une forme d’expertise dans la sélection des artistes, un savoir-faire dans l’organisation et la diffusion que le spectacle vivant comme les courts métrages m'ont appris. Cette activité bénévole fut également pour moi, l’opportunité de perfectionner mon regard, d’améliorer mon usage des outils infographiques (suite adobe) et également d’ouvrir toujours plus grand les yeux sur la richesse et la diversité esthétique. Grâce à ma fonction de conseillère municipale de la ville de Cassis (pour laquelle je me suis engagée également bénévolement en 2014), j’ai pu initier les Rencontres photographiques de Cassis. Aujourd’hui, l’exposition Éclectik qui va fêter ses 12 ans et les Rencontres Photographiques ses 5 ans, sont devenues pour ma plus grande surprise, malgré l’intimité de l’événement, un rendez-vous attendu par les amateurs éclairés au-delà des frontières de la région et même de la France.

Formation continue - AFDAS

Gravure

En 2018, j'ai été initiée à différentes techniques de gravure : gaufrage, eau forte au trait, héliogravure, aquatinte, verni mou, technique au sucre à l'atelier Musée d'art graphique d'Arcueil par la professoressa Marilda SIMONIDHI.

Anglais

Durant 1 an, j'ai suivi des cours particuliers de conversation avec 3 enseignants : une anglaise, une australienne et un américain. J'ai pu ainsi me familiariser aux différents accents de cette langue étrangère et également progresser dans l'expression qui me manquait.

Scénographie

Durant 1 mois très intensif aux ateliers du Centre National des arts de la rue à Sotteville-lès-Rouen, j'ai suivi un stage formant à l'usage des différents outils du scénographe pour concevoir, monter et démonter des cloisons de décor, pour faire des objets et accessoires en polystyrène, pour matiérer en trompe l'oeil (bois, marbre, ciel), pour répondre aux normes de sécurité en ERP, pour comprendre la lumière et enfin répondre à un appel d'offre.

Pratiques Sportives

Krav-maga

Depuis une agression dont je suis sortie indemne comme par miracle, je me suis initiée à cette méthode d'autodéfense qui combine plusieurs techniques de combat. Non-violente assumée et convaincue, j'y trouve pourtant un équilibre physique et moral que je n'aurais jamais soupçonné.

Semi-marathon

L'endurance dans la pratique sportive a toujours été mon point fort. J'ai couru 4 fois le Marseille - Cassis. Les deux premières m'ont permises de financer en partie mes projets artistiques "Impressions d'Europe - Regards d'artiste" et "Russie, Chine - Trois mois de silence".

Natation

Repérée à l'âge de 10 ans par le grand champion Alex Jany, j'ai suivi durant quelques années les entrainements quotidiens du Cercle des Nageurs de Marseille. J'ai participé à l'époque à des compétitions nationales et européennes. Mes épreuves de prédilections étaient le 400m 4 nages et le 400 et 800m nage libre. À 40ans, j'en ai conservé une grande capacité pulmonaire et d'endurance.

Qualités

Ponctuelle

À tout juste 40 ans, les années m'ont appris qu'être en avance comme en retard, ce n'est pas être à l'heure.

Fourmie

Mes expériences de conseillère municipale de la Ville de Cassis et d'organisation d'évènements culturels pour l'association H2Arts m'ont appris la nécessité du travail et d'une gestion juste des deniers.

Cigale

Résolument enthousiaste, j'ai la joie chevillée au cœur. J'ai pour habitude de penser quil n'y a pas de problème, seulement des solutions. Autrement dit, quand la bise fut venue, je sais danser sur tous les rythmes même s'il pleut.